Qui n’a jamais pris une guitare électrique dans ses mains ? Qui ne s’est pas essayé à un « smoke on the water » un peu maladroit ?

La guitare électrique, c’est ça : La vulgarisation de la musique. C’est l’accessibilité, et l’idée que tout le monde peut être musicien. C’est un rêve à portée de main.

Tout l’opposé en fait de l’idée que l’on se fait de la musique dite « classique » : Une musique que l’on juge élitiste et difficile d’accès, et ce, non sans une justification parfois fondée.

Guitare électrique et musique classique sont comme deux mondes que tout oppose. Même la guitare classique se veut être un instrument complètement différent de sa fille la guitare électrique, aussi bien dans son jeu que dans son répertoire.

Et pourtant… Comme tous les Némésis, la machine à six cordes et la musique savante ont plus de points communs qu’elles voudraient nous le faire croire.

Voici trois guitaristes qui vont vous le prouver !

Ritchie Blackmore

Ritchie Blackmore en concert avec deep purple le 5 décembre 1974

Un gamin britannique de 11 ans décide de se mettre à la guitare. Il s’applique, prend des cours. Comme tout le monde, il veut imiter ses idoles. Les siennes ? Duane Eddy, Hank B. Marvin, Django Reinhardt, Wes Montgomery, Les Paul.

Des guitaristes oui, mais pas seulement. La recherche d’inspiration de Ritchie est insatiable Il puise bien au-delà de l’instrument à six cordes…

La musique de Richie Blackmore

« J’ai mauvaise réputation… mais je m’en fiche » lance guitariste anglais dans son interview au Guardian. Il est vrai que le musicien n’est pas franchement connu pour son sens de la retenue… Il est honnête, ce qui a tendance à en agacer plus d’un.

Lorsqu’on lui demande ce qu’il pense des Stones, la réponse ne se fait pas attendre : «Ils piquaient tous leurs riffs à Chuck Berry […] Je les respecte, mais je ne les aime pas ». Vous commencez à cerner le personnage.

Le guitariste commence sa carrière comme musicien de studio avec son groupe « Outlaws ». Ils enregistrent les backing tracks pour d’autres groupes. Bien sûr, Ritchie Blackmore est surtout connu pour être un membre fondateur de Deep Purple.

De 1968 à 1993 il participe à tous les enregistrements du groupe (à l’exception de l’album « Came Taste the Band » sorti en 1975). Avec le claviériste Jon Lord, il constitue le cœur créatif du groupe.

Son autre grand projet : le super groupe Rainbow qu’il fonde en quittant un première fois Deep Purple en 75. Aux côtés de Cozy Powell, Jimmy Bain, Tony Carey et le légendaire Ronnie James Dio, il sort le chef d’œuvre « Rising » en 76.

Blackmore et la musique classique

« Cela va sembler prétentieux, mais je sais mieux improviser que n’importe quel guitariste Rock ». L’improvisation est une qualité bien rare, même parmi les légendes du Rock. Ritchie Blackmore fait exception à la règle.

La raison est simple : le musicien est curieux. Il explore des horizons parfois bien lointains de la vague Rock qui déferle dès la fin des années 60. Jazz, musique classique, musique médiévale… Il cherche partout.

Il s’inspire directement des violonistes classiques pour son jeu à la guitare. Encore apprenti, Blackmore n’écoute en fait que très peu de Rock ! Ce lien avec la musique classique le suit toute sa carrière

Le caractère progressif de son Rock est basé sur la musique ancienne… Amusant non ? « Quand je joue, j’incorpore toujours des plans classiques de violoniste ». Si son travail avec le groupe Rainbow ne vous est pas familier, voici un avant-goût pour vous !

 

Randy Rhoads

Randy Rhoads en concert le 24 janvier 1982

Crazy Train, Mr. Crowley, Metal Health… Ces trois titres vous disent peut-être quelque chose. Un seul et même guitariste se cache derrière : Randy Rhoads. Sa carrière est courte : à peine 25 ans.

25 petites années lui auront suffi pour marquer à jamais l’histoire du Rock n’Roll.

La musique de Randy Rhoads

Tout est allé très vite pour ce jeune guitariste. De ses débuts à sa mort tragique, il ne lui faudra pas longtemps pour poser son emprunte dans l’histoire de la musique. Une emprunte qui restera indélébile.

A 16 ans, il est professeur de guitare diplômé. Le jour, il donne des cours dans l’école de musique de sa mère. Le soir il enfile sa tenue flashy et parcoure les scènes de Los Angeles.

Son premier groupe Quiet Riot devient rapidement l’une des attractions majeures de la ville. La formation a cependant du mal à se faire connaître sur le reste du continent. Deux de leurs albums n’ont d’ailleurs été publiés qu’au Japon.

Un jour, il est contacté par un certain Ozzy Osbourne, à la recherche d’un guitariste pour son projet solo. Séduit par cette opportunité en or, Randy rejoint Ozzy dans sa chambre d’hôtel, bien décidé à lui montrer de quoi il est capable.

Randy s’assoit à côté d’Ozzy, et commence à s’échauffer en jouant quelques riffs. Ozzy l’interrompt abasourdi : « c’est bon, tu as le job ». Il ne lui aura pas fallu plus pour bluffer le « prince des ténèbres ».

De cette collaboration naissent deux grands albums : « Blizzard of Ozz » et « Diary of a Madman ». L’aventure prend fin subitement, suite au tragique accident d’avion qui coûte la vie à Randy Rhoads.

Rhoads et la musique classique

L’influence de la musique classique sur Randy Rhoads est palpable. En écoutant le solo de « Mr Crowley » on jurerait entendre la réincarnation de Mozart sur une guitare électrique !

La raison est simple, et semblable à celle de Blackmore : Le guitariste apprend la musique d’une manière très « classique » justement. Sa mère lui impose des leçons de piano pour l’initier à la lecture de partition.

Il abandonne vite le piano pour la guitare électrique. Cette courte formation aura néanmoins suffi pour insuffler quelque chose de spécial à son jeu. Ses solos son riches et structurés.

La plupart des solistes de la même époque ne jurent que par la gamme pentatonique. Ses solos à lui sont très recherchés harmoniquement. Ajoutez à cela un touché d’une rare délicatesse, une vitesse à couper le souffle : Vous obtenez l’un des plus grands guitaristes de tous les temps.

Mesdames et messieurs : Randy Rhoads !

 

Yngwie Malmsteen

Yngwie malmsteen

Une légende s’éteint pour laisser sa place à une autre… Ceci est l’histoire Yngwie Malmsteen. Un gamin de sept ans a une révélation un soir devant sa télé. Ce soir-là, on rend honneur à un guitariste éclectique ; une bête de scène, un étrange personnage à la coupe afro qui brûle se guitare sur scène. Jimi Hendrix est mort.

Ce soir-là Yngwie décide de faire comme Jimi : il sera guitariste. Une légende s’éteint, une autre est née.

La musique de Yngwie Malmsteen

Il n’a pas fallu longtemps au jeune guitariste pour émerger sur scène. A 15 ans, il alterne entre le monde du spectacle et son boulot de luthier. Dans sa lutherie il fait la rencontre d’une drôle de guitare.

Cette guitare a les touches creusées en U. Intrigué, il lime les touches d’une de ses guitares. Elle devient plus difficile à jouer… Mais son contrôle sur les cordes est incroyable ! Petit à petit, toute sa collection en deviendra pourvue.

Avec ses guitares aux touches taillées, il se fraye un chemin au sommet. Son premier grand groupe : Alcatrazz. Le groupe tire son inspiration du guitariste Ritchie Blackmore et du chanteur emblématique Ronnie James Dio.

Mais Yngwie se rend vite compte que c’est en solo qu’il pourra laisser libre cours à son inspiration. En 1984 parait « Rising Force ». Avec ce franc succès, le guitariste de 21 ans vient de créer le Metal Neoclassique.

Malmsteen et la musique classique

Comme tout jeune guitariste depuis la nuit des temps, le jeune Yngwie apprend en imitant son idole. Elle s’appelle Ritchie Blackmore. Le musicien en herbe s’intéresse beaucoup au jeu du guitariste britannique.

Cela va le mener droit à la source d’inspiration de Blackmore : Bach, Vivaldi, Mozart, Beethoven. Petit à petit, il mêle le répertoire de la musique classique à son instrument. L’union entre les deux n’aura jamais été aussi forte qu’avec Yngwie Malmsteen.

Combien de musicien peuvent se vanter d’avoir inventé un style à eux tout seul ? Pour se vanter, Yngwie est d’ailleurs aussi doué qu’à la guitare… Mais sa vanité a une raison d’être. Il est le Paganini de la guitare. En l’écoutant, impossible de ne pas faire le parallèle entre son jeu et celui d’un violoniste virtuose !

Rising force (1984), Marching Out (1985) et Trilogy (1986) : les trois premiers albums du guitariste suédois valent le détour. Une guitare d’une vitesse et précision sans précédents en hommage aux plus grands compositeurs. Un défi de taille et un hommage réussi.

Que faut-il retenir de tout cela ?

Ecoutez de la musique, toujours et encore. Du rock, du classique, du jazz, du rap… Ecoutez de tout. L’inspiration est partout. A vous d’aller la chercher !

Et vous, lequel de ces trois guitaristes préférez-vous ?

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