Pink FLoyd: l'incarnation du rock planant; le quatuor réuni

Pink Floyd: l’incarnation du rock planant made in UK ; le quatuor réuni

 

PINK FLOYD ; a success story with no pink, no floyd, only rock and talent

 

Pink Floyd, certainement l’un des groupes de rock les plus planants que la Terre ait jamais porté; C’est un groupe britannique, God save the Guitar, plutôt psychédélique à ses débuts puis fer de lance du courant progressif. Créateur d’albums éternels tous aussi géniaux que conceptuels, Pink Floyd, c’est aussi une guitare, celle de David Gilmour (qui, dans la faune des guitaristes présents et passés est parfois injustement mis de côté au profit des Hendrix, Young et autres Van Halen) ; un jeu mental, cérébral et pourtant tellement saisissant. C’est aussi un groupe de musique hanté, hanté par le spectre vivant de Syd Barret, leur fondateur. Bref, c’est notre groupe de la semaine. Whish you are here, ça commence.

 

Des débuts prometteurs

En 1962, Roger Waters, Syd Barrett et David Gilmour ont grandi et appris la musique ensemble, à Cambridge, UK. Nick Mason et Richard Wright rencontrent Waters pendant leurs études supérieures. Tous sont issus de milieux sociaux éduqués, ce qui explique en parti la profondeur de leurs œuvres, parfois très expérimentales autant que le positionnement éclairé anti-système qu’ils adoptent dans certains de leurs morceaux.

 

Au commencement il y avait les Architectural Abdabs, puis les Sigma 6, le Leonard’s Lodgers, Screaming Adbads, The Meggadeaths et le Tea Set, soient les débuts chancelants de jeunes musiciens extrêmement créatifs. En 1966, le groupe est constitué de Syd Barrett à la guitare et au chant, de Richard Wright au clavier, de Roger Waters à la basse et de Nick Mason à la batterie et aux percussions. Pendant ce temps, David Gilmour joue de la guitare chez les Frenchies. C’est Barret, grand amateur de blues, qui trouve le nom de Pink Floyd, hommage discret à deux musiciens blues, Pink Anderson et Floyd Councila.

 

Premiers plateaux TV, premières radios, premier contrat chez EMI, tournée avec Hendrix aux Etats-Unis… tout s’enchaîne à merveille pour les Floyd. Seule ombre au tableau, Syd Barret, (trop) grand consommateur de drogues psychédéliques, a entamé un trip dont il ne reviendra jamais totalement. A maintes reprises, il doit être remplacé sur scène. Arrachage des corde de sa guitare en live, phases d’absence, oublie des concerts comme des morceaux qu’il doit interpréter. A la fin, c’est d’un homme incapable de jouer devant un public dont le groupe est contraint de se séparer. Brillant fondateur, diamant fou perdu à jamais dans les limbes de son esprit, son regard vide suivra toujours, même de loin, les pérégrinations du groupe. Heureusement, David Gilmour est de retour à Londres, qu’à cela ne tienne, il est officiellement intégré à la formation le 7 janvier 1967. Son jeu de guitare, sa voix insuffle à Pink Floyd un courant neuf, sain dont le groupe avait grand besoin. Ce sont désormais Waters et Wright qui composent.

 

Premiers travaux ; fin du summer of love ; vers la face cachée de la lune

 

David Gilmour, guitariste béni des Pink Floyd... Amateur de riffs éternels, courrez écouter Wish You Were Here.

David Gilmour, guitariste béni des Pink Floyd… Amateur de riffs éternels, courrez écouter Wish You Were Here.

More, Le premier disque du quator tel que nous le connaissons est aussi la BO du film More de Barbet Schroeder, maxi aux sonorités acid folk flirtant même avec le heavy metal -dans un style proche des Black Sabbath des premiers jours-. Vient ensuite Ummagumma, double album qui signe la fin de la période psychédélique des Floyd. Il a pour particularité de réunir sur un premier disque les enregistrements de live du groupe et sur le second des expérimentations signées séparément par chacun des membres. Avec Atom Heart Mother, le virage progressif est clairement amorcé ; plusieurs morceaux très avant-gardistes sont réunis sur cet album sorti en 1970 (des morceaux longs de 23 minutes ou des enregistrements concrets comme des sons de petit-déjeuner). Stanley Kubrick a demandé au groupe britannique les droits de certains morceaux de l’album pour la BO d’Orange Mécanique. Refus des membres, attachés à l’intégrité de leur œuvre, lesquels, après visionnage du film, s’en mordirent un peu les doigts.

Sorti le 5 novembre 1971, Meddle est probablement l’album qui a consacré Pink Floyd comme un des groupes majeurs de l’époque grâce aux morceaux One of These Days, devenu un classique de leurs concerts, et surtout Echoes, un titre long de 23 minutes, agrémentés de passages instrumentaux planants. Déjà, la guitare de Gilmour est reconnaissable entre mille. C’est Meddle qui définira clairement le son de Pink Floyd comme progressif, c’est-à-dire de longues pièces complexes et souvent divisées en plusieurs mouvements, ce qu’avait amorcé l’album précédent, Atom Heart Mother. Cet album installe les Floyd comme les pionniers du rock progressif, un rock volontairement recherché qui s’inspire de la musique classique, du jazz et qui repousse les conventions que ce soit dans la longueur des morceaux, dans la compositions des albums ou même dans le graphismes des pochettes. En 1972 ils sortent un nouvel album, Obscured by Clouds et filment un mythique concert dans les ruines désertes de Pompéi.

Pochette d'album que l'on ne présente plus aujourd'hui, le prisme d'Isbac Newton. Dark Side of The Moon, le premier gros succès des Pink Floyd.

Pochette d’album que l’on ne présente plus aujourd’hui, le prisme d’Isbac Newton. Dark Side of The Moon, le premier gros succès des Pink Floyd.

C’est le 23 mars 1973 que sort The Dark Side of the Moon, qui, avec les trois albums suivants, Wish You Were Here, Animals et The Wall, forme une suite d’albums souvent considérés comme les plus aboutis de la carrière de Pink Floyd. Cet album reste dans le top 200 américain pendant mille sept semaines au total, soit plus de dix-neuf ans. Record historique. C’est le troisième album le plus vendu de tous les temps, avec des ventes estimées entre 45 et 50 millions d’exemplaires. C’est un album techniquement très élaboré, avec l’utilisation d’un nouvel enregistreur seize pistes aux studios Abbey Road (Les studios Abey Road), les titres s’enchaînent méticuleusement, la guitare de David Gilmour est envoûtante ; Richard Wright joue de ses synthétiseurs de manière tellement innovante qu’il va inspirer tout un courant musical, en particulier en Allemagne. Après un tel succès, les Floyd, dans le creux de la vague, ont besoin de souffler.

Nous avions besoin de prendre une pause, car nous étions fatigués et las. On a cru que parce que Dark Side of the Moon avait eu autant de succès, c’était la fin.

Dixit un Roger Waters épuisé.

 

Emergence des tensions au sein des Pink Floyd ; « Waters and commander »

 

Sorti en 1975, Wish You Were Here est un hommage à Syd Barret, perdu dans les limbes de son esprit (Shine on You Crazy Diamond lui est dédié). C’est un album émouvant, saisissant qui se verra accorder un article prochainement. C’est pendant l’enregistrement que les premières dissensions apparaissent au sein du groupe mais le résultat général est plus que satisfaisant (courrez écouter Have a Cigar, si vous ne la connaissez pas). Anecdote marquante, pendant les sessions d’enregistrement, Syd Barrett est apparu dans le studio, méconnaissable. Crâne et sourcils rasés, quasi-obèse et mentalement absent Waters a fondu en larmes quand on lui a annoncé qu’il s’agissait de leur ami.

 

Le succès (donc l’enrichissement et la commercialisation) du groupe est violement critiqué par le mouvement punk ; ils sortent en 1977 l’album Animals comme un pied-de-nez musical engagé. Cet album mérite un article à lui tout seul ; retenez-en un retour à une guitare plus rock (merci David) et une satyre de la société inspirée du roman La ferme des animaux de George Orwell, d’où les noms de bestiaux domestiques en cascade et la présence d’un cochon gonflable sur la pochette de l’album (par la suite, ce cochon sera présent dans bons nombres de concerts du groupe, survolant la foule).

 

Cover de l'album Animals, Pink Floyd y dresse la satyre sociale la plus rock de l'histoire. On distingue le fameux cochon volant entre les cheminées de l'usine.

Cover de l’album Animals, Pink Floyd y dresse la satyre sociale la plus rock de l’histoire. On distingue le fameux cochon volant entre les cheminées de l’usine.

Fin 1978, Roger Waters, inspiré par un terrible concert à Montreal (concert lors duquel il cracha sur un fan hystérique afin de le calmer) présente aux autres membres du groupe l’album The Wall ; complexe, grave, il traite la séparation qui se crée entre un artiste et son public, comme une sorte de mur isolant (d’où le titre). Ce maxi est salué par la critique. On y retrouve les mythiques Another Brick in the Wall et In the Flesh. Tous les morceaux sont dignes d’écoute, mention spéciale pour The Trial et Dogs of War, comiquement violents. L’album est encensé par la critique. Il est suivi par plusieurs tournées et surtout par la réalisation d’un film d’animation éponyme, sorti en 1982.

 

En 1983 sort l’album The Final Cut, une création plus sombre, plus intime, sur la pochette il est écrit œuvre « de Roger Waters interprétée par Pink Floyd », cela sans Richard Wright. De facto, les rapports entre les membres du groupe sont devenus détestables. Mason, le batteur est remplacé, Gilmour mis au coin, désormais vulgaire guitariste studio. L’album se vend mal ; le glas sonne pour les Floyd.

 

1985, Waters annonce qu’il quitte Pink Floyd, intimement convaincu que le groupe ne survira pas à son départ. Après cette dissolution forcée tous ses membres se consacrent à des projets solos, plus ou moins réussis, plus ou moins encensés. Cela n’empêchera pas Gilmour, Nick Mason et même Richard Wright de relancer le groupe en 1987, d’organiser une tournée et dans la foulée de sortir un album live répondant au doux nom de Delicate Sound Of Thunder. En 1994 sort the Division Bell, album studio qui replace le groupe au sommet, tant au niveau critique que commercial, suivi par la titanesque tournée P·U·L·S·E sorti en 1995. Succès international, évidemment. Pendant ce temps là, Waters grince des dents.

 

Ultimes consécrations & fin d’un mythe annoncée

 

Pink Floyd entre au Rock’n’Roll Hall of Fame en 1996, donne son nom à un astéroïde l’année suivante et anime des concerts de charité. Le groupe est officiellement entré dans l’ère de la sagesse. Nothing to proove. Moment d’anthologie de l’histoire du rock, si vous y étiez, c’est un peu comme croiser le yéti ou voir le rayon vert… Les Floyd ont joué une dernière fois tous ensemble en 2005, le temps d’un Live le 2 juillet 2005 à Hyde Park. Même cette tête de mule de Waters. 3 millions de spectateurs sont réunis pour ce moment d’anthologie, nouvel hommage à Syd Barret. Le 7 juillet 2006, Syd Barrett décède. Bien que Roger Waters participe au concert hommage pour son ami, il plantera les autres membres pourtant venus interpréter un ultime hommage collectif. La disparition de Richard Wright le 15 septembre 2008, met fin à toute idée de reformation de Pink Floyd. Waters et Gilmour se réuniront quand même pour jouer ensemble en 2010 ; c’est un concert de charité, c’est pour la bonne cause.

« Good Bye Cruel Word… »

Il y a eu en 2011 « Why Pink Floyd…? », une campagne de remasterisation de l’œuvre du groupe avec publication de morceaux inédit sur certains albums.

Le dernier album des Floyd est sorti il y a un an. The Endless River est un hommage à Richard Wright. Quoique que critiqué du fait qu’il n’y ai pas de nouveaux enregistrements, cet album qui réunit des enregistrement non édités du groupe connaît un immense succès. Le plaisir simple de retrouver le son planant des Floyd et la guitare affolante de Gilmour.

 

By Clark

 

 

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